25, 26 et 27 et 28 Mai 1995

Voyage en Ardèche :

Jeudi 25 Mai : En ce jeudi matin, jour de départ, le soleil n'est pas au rendez-vous et trois de nos camarades non plus ! Le retard et l'inquiétude de Denis vont en augmentant. Après plus de trois quarts d'heure d'attente, le feu vert est donné pour démarrer mais il nous faudra parvenir au premier arrêt pour retrouver nos trois "absents" qui ont pu finalement nous rejoindre... à NARBONNE !

Alors, de grâce, chers Amis, si vous avez du mal à quitter les bras de Morphée, mettez deux réveils, en cas de panne et si vous n'êtes pas certain de l'heure du départ, vérifiez plutôt deux fois qu'une; vous éviterez ainsi bien des angoisses aux organisateurs et vous ne vous pénaliserez pas vous-même.

Première étape : visite de la Bambouseraie d'ANDUZE. Ce domaine de plus de 30 hectares est situé à 11 km. au S.O. d'Alès. Le microclimat local et les canaux d'irrigation permanente conviennes parfaitement à cette végétation luxuriante. Nous découvrons ici l'atmosphère d'un lieu à la fois poétique et magique.

L'allée d'entrée est bordée des deux côtés par une épaisse rangée de bambous dont la plupart atteignent près de 20 mètres de haut. De part et d'autre, émergent, majestueux, des séquoias géants avec un tronc pouvant atteindre plus de 2 mètres de diamètre.

Parmi les arbres remarquables(ils ont été plantés depuis plus d'un siècle) figurent les palmiers et les magnolias, un de ces derniers détient le record d'Europe par ses dimensions.

Il existe dans ce parc, plus de deux cents espèces de bambous aux formes, couleurs, dimensions et feuillages différents.
Le bambou pousse avec une rapidité étonnante puisqu’il peut croître d’un mètre par jour jusqu’à sa taille définitive. Certaines tiges peuvent atteindre la circonférence d’une assiette. Curieusement, le bambou est considéré comme une herbe et non comme un arbuste, ainsi traversons-nous des prairies et non des forêts de bambous
Nous passons devant le jardin aquatique avec ses lotus et ses nénuphars. Une grande serre abrite des azalées arborescentes aux couleurs lumineuses.
Plusieurs films ont puisé leur ambiance exotique dans cette petite "Asie" tels "Paul et Virginie", "Les Héros sont fatigués" etc... Yves Montand conduisant un camion d'explosifs dans un chemin boueux ("Le salaire de la peur") : c'était ici.
Nous terminons la visite en contemplant le Ginkgo biloba aux jolies feuilles en forme d'éventail. C'est arbre est le plus vieux représentant de la végétation arborée qui a colonisé notre planète il y a deux cents millions d'années, c'est un véritable fossile vivant. Le Ginkgo femelle qui ne fait pas de fleurs "fabrique" des oeufs - vous avez bien lu - et pour que ceux-ci soient fécondés, il faut planter à proximité - en tenant compte de la direction du vent - un arbre mâle. Le Ginkgo est utilisé pour la préparation de certains médicaments.
Ceux d'entre-nous, qui connaissement déjà la Bambouseraie, ont pris le petit train à vapeur des Cévennes qui les conduira jusqu'à St.JEAN du GARD.


En fin d'après-midi, nous arrivons au VVF de CASTELJAU : imposant château aux grosses pierres apparentes, magifiquement restauré, autour duquel ont été ajoutés pour le plaisir des vacanciers, une grande piscine, un théatre de plein-air, un terrain de jeux etc... A une cinquantaine de mètres de là, sont implantés les logements dont nous occupons une partie. plus bas, dans un écrin de verdure, les plages de Mazet bordent la rivière.
Vendredi 26 Mai : La journée s'annonce pluvieuse au départ du VVF et l'équipe des randonneurs décide d'adopter notre emploi du temps, nous ferons donc équipe ensemble jusqu'au soir.
Nous prenons la direction de JOYEUSE pour nous arrêter à LARGENTIERE. Cette cité doit son nom aux mines d'argent exploitées du 10° au 15° siècle, notamment par les Comtes de Toulouse. La vieille ville nichée au creux de la de la vallée de la Ligne est un dédale de ruelles étroites auxquelles on accède par la Porte des des Récollets (15°s.). Depuis cette grande voûte, on peut voir sur les hauteurs, d'un côté le château, ancienne demeure des barons de Largentière, et de l'autre, le Palais de Justice aux allures de temple grec.
L'Eglise commencée au 12°s. a reçu des adjonctions plus ou moins heureuses au cours des siècles suivants.
A l'intérieur d'une de ses chapelles, se trouve la statue de N.D. des Pommiers, sculptée dans du bois... de poirier, sans doute au XVI° siècle. L'histoire raconte que lors de l'épidémie de choléra en 1854, elle fût habillée magnifiquement, portée en procession et la ville fût totalement épargnée par le fléau.
LARGENTIERE est très pittoresque et ne manque pas de charme.
Nous nous dirigeons ensuite vers AUBENAS où nous déjeunerons d'un repas froid. Après avoir déambulé dans les rues de cette ville, connue surtout pour son commerce de marrons (glacés et en confiture). Nous prenons à nouveau le car en direction de VALS-les-BAINS. VALS, célèbre pour son eau, surprend par l'encaissement de son site; dans le parc du Casino, nous pensions voir jaillir la source intermittent qui s'élève à 8 mètres de haut mais hélas, il nous aurait fallu attendre plus de 3 heures !
Nous mettons le cap au sud en direction du défilé de RUONS mais d'abord, halte à VOGUE. Ce village est adossé à une falaise surplombant l'Ardèche. Ses vieilles rues, coupées d'arcades sont dominées par un imposant château du XVI°s. appartenant encore à la famille des Vogié. Notre parcours s'achévera par la visite de LABEAUME dont les maisons semblent faire corps avec le roc. On peut descendre par les petites rue pavées jusqu'au pont submersible dépourvu de parapet. C'est de l'autre côté du pont qu'on a le meilleur coup d'oeil sur le village et nous ne nous lassons pas de contempler la Beaume, affluent de l'Ardèche qui s'étire tout près de là, le long des gorges du même nom.

Samedi 27 Mai : Il fait beau et la journée va être idéale pour emprunter la route des GORGES DE L'ARDECHE. Nous faisons un premier arrêt au PONT D'ARC qui nous offre un spectacle superbe : ce pont naturel, immense, formé dans le roc, enjambe l'Ardèche et depuis la route en haut, nous regardons comme autant de petites taches multicolores, les canoês qui descendent la rivière. Nous continuons par la route sinueuse d'admirer les rochers abrupts qui paraissent émerger de leau en se détachant sur la verdure.


Lorsque nous atteignons St.MARTIN D'ARDECHE, le groupe se divise et pendant que nous irons pique-niquer au bord de l'eau, les randonneurs remontent les gorges par un sentier de randonnée.
Après avoir dépassé PONT St.ESPRIT, nous nous arrêtons à BAGNOLS/CEZE. Cette petite ville a une particularité : elle possède en effet un musée de peinture d'une surprenante richesse puisq'y sont exposés des tableaux de Monet, Bonnard, Signac, Van Donges, Renoir et autressignatures aussi prestigieuses sans oublier les sculptures, dont une de Rodin.
Nous décidons ensuite de visiter un élevage de vers à soie. La sériculture n'existe pratiquement plus en Ardèche, car la soie en provenence d'Extrême Orient a détrôné la soie française pourtant de meilleure qualité.
Au village des MAZES, dans un élevage témoin, nous sont dévoilés tous les mystères d'un cycle allant de l'éclosion des "grains" à la formation du cocon puis du papillon. Dans sa courte vie, la chenille va nuer plusieurs fois, elle est totalement dépendante de l'homme qui lui apporte les feuilles coupées du mûrier (seule nourriture) : fragile, il lui faut une température constante. Que penser de cette méthode qui consistait pour les ouvrières de magnaneries à place les oeufs du papillon (bombyx) dans des petits sachets de toile et à les mettre dans le creux de leur poitrine pour les faire éclore.
Le cocon est fait d'un unique fil de soie qui peut atteindre plus d'1.km,500 et qui est dévidé grâce à l'action de l'eau chaude.

Nous retrouverons nos camarades randos près de VALLON PONT D'ARC avant de rejoindre le VVF. Ouvrons une parenthèse pour dire un grand BRAVO à ceux qui, après avoir parcouru une vingtaine de kilomètres sous la chaleur, n'ont pas hésité à danser le soir au son de l'accordéon.
Dimanche 28 Mai : Retour vers Toulouse en passant par SETE où il a été assez difficile de trouver sur le port un restaurant qui n'affiche pas complet. L(autocar nous a ensuite conduits jusqu'au Mont St.CLAIR mais les brumes nous ont gênés pour admirer le panorama espéré.
Tout voyage à sa part d'insolite, exemple ce sympathique ardèchois qui, à l'occasion d'une courte pause, vient spontanément nous offrir une caissette de cerises en souhaitant à toutes les dames "une bonne fête des mères" ou Denis qui, par pitié (ou par plaisir!) invite deux randonneuses inconnues, esseulées, fatiguées à monter dans notre car pour les rapprocher de leur destination ou encore, celle que Denis a "intronisée" GUIDE (sans cérémonie) : elle ne s'est pas prise au sérieux...
Précisons pour ceux qui n'étaient pas du voyage qu'il s'agissait de... l'auteur de ces quelques lignes !

Andrée CARRIE